Au Brésil, les candidats font vendre sur les étals. En France, les partis développent leurs propres boutiques à l’approche de 2027. Derrière les produits dérivés, un enjeu commun : satisfaire un attachement politique.
Dans un reportage de France 24 consacré à la campagne brésilienne, un vendeur partisan de Flávio Bolsonaro vantait les vertus politiques de son dentifrice : rendre le sourire au pays et le débarrasser de sa saleté. Une commerçante racontait, elle, comment une cliente lui avait demandé un jour de 2022 si elle vendait des serviettes à l’effigie de Lula. Il ne lui en avait pas fallu plus pour monter son affaire.
En France, les partis organisent eux-mêmes une partie de ce marché à travers leurs boutiques. À l’approche de la présidentielle de 2027, leurs catalogues ne se limitent pas aux tee-shirts de meeting. Ils empruntent au sport, aux loisirs et même à la vie personnelle des candidats pour proposer des produits que leurs soutiens auront envie d’adopter.
La logique commerciale rejoint ici l’objectif de campagne : donner aux sympathisants envie d’acheter un objet qu’ils porteront ou utiliseront en dehors des rendez-vous militants.
Le maillot LFI, un produit de campagne à part entière
La France insoumise a saisi l’occasion du Mondial pour habiller ses propres supporters. Lancé le 10 juin 2026, à la veille de la compétition, son maillot « Mélenchon 27 » reprenait une ancienne tenue des Bleus. Le logo du mouvement remplaçait l’écusson national, tandis que le dos affichait le nom du candidat et l’année présidentielle.
Vendu 25 euros, il dépassait les 20 000 exemplaires écoulés fin août, selon l’AFP. Après la braderie de Lille et la Fête de l’Humanité, la boutique officielle a annoncé une rupture de stock avant de reprendre la production.
Les partis ont également investi les loisirs estivaux. À l’été 2026, LFI et les soutiens de Gabriel Attal proposaient des cahiers mêlant jeux et références politiques, comme le rapportait Le Nouvel Obs. Le format était proche, mais pas le modèle de diffusion. LFI vendait son édition de 80 pages à 5 euros.
Les Jeunes en marche avaient prévu 50 000 exemplaires gratuits pour leur tournée estivale, selon Le Monde. D’un côté, un produit acheté par les sympathisants. De l’autre, un support distribué pour faire connaître le mouvement et ses idées. Toujours chez, le mouvement de jeunesse de Renaissance, l’inspiration est venue de la vie personnelle de Gabriel Attal. À l’été 2026, leur boutique proposait une peluche de sa chienne Volta à 19,99 euros, ainsi qu’un tee-shirt « Volta Social Club » à 23,99 euros.
Horizons, le parti d’Édouard Philippe, a choisi un autre registre avec une Stanley Cup à ses couleurs, vendue 62 euros. Ce grand gobelet isotherme à anse et à paille figurait dans sa boutique parmi les accessoires proposés aux sympathisants. Le parti misait sur un produit de marque déjà identifiable, présenté pour le bureau, les vacances ou le sport. À un tarif nettement supérieur à celui du maillot LFI, l’offre visait un autre type d’achat que le petit souvenir de meeting.
Des acheteurs déjà engagés
Le point commun avec les étals brésiliens apparaît surtout du côté de la demande. « Les demandes viennent directement du terrain », expliquait Antoine Léaument à l’AFP à propos des produits dérivés. Le parti a donc répond à ses militants comme la vendeuse de serviettes à sa cliente. Cette logique rapproche les boutiques politiques de celles des clubs ou des artistes : elles proposent d’abord aux soutiens de manifester leur attachement.